« Chloé » : call(-girl) me Nathalie
Pitch
Comme elle soupçonne son mari d'infidélité, une quinquagénaire, angoissée par le temps qui passe, va engager une jeune call-girl pour le piéger. Mais c'est elle qui va être prise au piège et sa famille basculer aussi par la même occasion.
Dans les quartiers huppés de Toronto, Catherine, une gynécologue d’une cinquantaine d’années ayant pignon sur rue, a préparé une surprise pour l’anniversaire de son mari David qui déteste les anniversaires. Pendant cette soirée de réjouissances avec des amis et des cadeaux à attendre en vain David, le téléphone sonne, ce dernier, professeur de musique à l’université, a raté son avion pour rentrer de New York où il donnait un cours. Pour aggraver la déception, le lendemain matin, Catherine trouve une photo de David enlacé avec une étudiante dans la neige de New-York postée sur son téléphone mobile, elle s’affole. Quand vient l’idée à Catherine, qui observe les allers et retours d’une jeune voisine call-girl, de l’engager pour séduire son mari et lui raconter ensuite dans le détail leurs ébats. Une initiative dangereuse pour tous les partis qui va notamment révéler à Catherine des pulsions qu’elle ignorait, car, rapidement, les deux femmes deviennent accros à ces récits, racontés, écoutés, qu’ils soient véridiques ou imaginaires.
—–
photo Studio Canal
photo Studio Canal
Donc, finalement, le mari soupçonné d’infidélité est tranformé en mari cocu, en pauvre quinqua puni d’avoir été tenté par la jeunesse de ses étudiantes (et peut-être leur insouciance) avec qui il flirte gentiment pendant que son épouse tient le cahier des charges de l’effondrement du rythme de leur relations sexuelles durant leur mariage. Crédible et pathétique, l’angoisse de la date de péremption de la séduction chez une quinquagénaire dans une société obsédée par l’éternelle jeunesse, c’est même assez parlant. Là où ça devient ridicule, c’est la tentative de jouer le « romantisme érotique » (si l’on peut dire) entre une jeune call-girl en manque d’image maternelle et une gynécologue mariée, frustrée. Avec en cerise sur le gâteau une fin couleur polar afin de pimenter un film bien plat, et on aura fait le tour ce ce film intello-psycho-érotique pour les nuls, avec belles robes, peaux soyeuses, brushings raidis de laque, taille zéro de Julianne Moore aussi épaisse qu’un crayon dans une robe rouge sang lui faisant un teint de craie qui n’a d’égal que la mine de papier mâché de Liam Neesom.
photo Studio Canal
C’était la moche dans « Jennifer’s body », ici, c’est la belle, Amanda Seyfried, lèvres plus épaisses qu’Angelina Jolie, regard bovin, cheveux décolorés laqués à mort, démarche de pute de luxe ingénue en manteau de soie haute-couture, certes pas le rôle de sa vie. Atom Egoyan a eu besoin des Reitman père et fils pour produire ce remake sophistiqué et racoleur du film d’Anne Fontaine. Atom Egoyan anesthésié par Hollywood (?), n’a pas, pour la première fois, écrit son scénario lui-même, »Exotica », c’est loin, très loin… A noter une parenté entre les deux derniers films avec Julianne Moore : le côté déco chic, la maison en verre d’architecte commune à « A Single man » de Tom Ford et « Chloé ».
Notre note
(2 / 5)
Laisser un commentaire